On dit souvent des Poissons qu'ils vivent dans leur propre monde. Force est de reconnaître que plus j'avance en âge, plus je m'aperçois que je pense différemment du commun des mortels, que je perçois les choses à ma façon...
Les Poissons manquent sans doute de réalisme mais encore faudrait-il tomber d'accord sur une définition de ce « réalisme »... Car, au final, toute perception de la réalité est subjective et celle des Poissons l'est peut-être encore davantage. En fait, la vie terrestre, matérielle, ne semble pas vraiment faite pour nous car les Poissons semblent être naturellement prédisposés aux choses de l'esprit ou du c½ur. C'est dans le lyrisme, la musique, les concepts, les croyances, les arts que la vie trouve pour nous un sens.
Aussi, il est fréquent que certains d'entre nous, petits Poissons prisonniers du bocal terrestre, essayons de s'en échapper par des moyens destructeurs tels que drogue ou alcool... Il est tellement tentant de « libérer son esprit et d'oublier son corps ».
La sensibilité et l'émotivité des Poissons sont grandes et nous vivons essentiellement sur le mode du ressenti et de l'intuition à moins - ce qui arrive fréquemment - que notre nature première soit contrariée par l'éducation et la société : nous avaons alors tendance à être une « fausse Vierge », c'est-à-dire à nous développer en antithèse de notre essence et à adopter les valeurs du signe opposé aux Poissons, la Vierge : nous devenons alors excessivement matérialistes, pointilleux, analytiques pour nous raccrocher au monde mais nous n'en sommes pas moins malheureux.
Les Poissons n'ont pas la réputation d'être très enjoués mais je fais avec et, surtout, je m'arrange pour ne pas déprimer mon entourage car je suis au fond un pessimiste. Je cache donc souvent ma mélancolie, ma tristesse d'être, mon mal-être en un mot, sous une solide couche d'humour ou de sociabilité. Mais ceux qui connaissent intimement les représentants du signe des Poissons savent bien que cela n'est qu'un verni car rien ne nous laisse indifférents : un c½ur sans cesse égratigné est un c½ur douloureux.
Je crois aimer profondément les autres, compatir à leur détresse et à leur souffrance et savoir les écouter. Si mon voisin Verseau sait prendre du recul et agir, je suis à l'inverse : plus passif, je me noie totalement dans le flux de la misère du monde, j'en suis le témoin et le martyr nécessaire. Sans doute les Poissons font-ils, pour cette raison, des religieux honnêtes, des sages respectables, des bénévoles dévoués, des artistes inspirés, des poètes « maudits »...
Je tombe facilement amoureux car il faut bien dire que les Poissons manquent de discernement dans les rapports humains : aimant tout le monde a priori, les Poissons ont du mal à faire un tri, y compris pour leur propre confort, et nous nous laissont facilement envahir, parasiter par les gens car nous nous contentons de « suivre le courant » et d'aller où et avec qui la vague nous porte.
A quoi bon lutter de toute façon ? Les Poissons croient en général à la prédestination et à la fatalité : il arrive ce qui doit arriver. Alors nous autres Poissons faisons-nous beaucoup d'erreurs, car nous avons tendance à nous bercer d'illusions pour compenser la médiocrité de nos rapports. Je crois souvent voir les gens meilleurs qu'ils ne sont jusqu'à ce que tout dégringole et je suis alors profondément bouleversé.
Car quand les Poissons aiment, ils donnent tout et cherchent à ne faire qu'un avec l'autre. Nous sommes zélés et attentifs mais nous sommes aussi presque toujours déçus car l'amour n'est que rarement à la hauteur de sa réputation...
Je cherche auprès de mes amis le soutien, le réconfort, l'optimisme et l'allant qui me sont nécessaires pour avancer, faute d'en être naturellement doté.
Les Poissons ont beaucoup de relations car nous nous adaptons très facilement à autrui et savons dire ce qu'il faut quand il faut : non pas par souci de manipuler autrui (car c'est bien souvent l'inverse !) mais juste pour surfer sans heurt sur la vague de l'humanité. D'ailleurs, je dois bien avouer que je dis parfois une chose et son contraire, selon l'interlocuteur, car je n'ai pas vraiment d'avis sur tout ou bien j'ai conscience que mon avis n'intéresserait personne et je préfère me conformer aux idées reçues. Bref, j'essaie de satisfaire tout le monde et de ne pas avoir à choisir entre la chèvre et le chou...
L'argent, le pouvoir, la réussite n'intéressent que faiblement les Poissons car notre âme aspire plus ou moins clairement à autre chose (que nous trouvons en général dans la méditation, la prière, la création ou les paradis artificiels).
Enfin, on dit les Poissons prédisposés aux pressentiments, aux rêves prémonitoires et, de façon générale, à communier avec le monde dit sensible.
Précisons pour finir que le mot-clef définissant le mieux ma personnalité étant FUSION, il semble que les natifs des Poissons sont plus que les autres influencés par leurs co-signes (ascendants, dominantes...) et qu'il existe donc beaucoup de « sous-portraits » des natifs du dernier signe.